
Entreprises Fin Septembre 2026 : Défaillances Stabilisées à un Niveau Élevé, Facturation Électronique sous Tension et PLF 2027
Admin Capitheos
Publié le 30 septembre 2026Sommaire
Fin septembre 2026, les dirigeants de TPE et de PME avancent sur une ligne de crête. D'un côté, la création d'entreprises reste très dynamique. De l'autre, les défaillances se maintiennent à un niveau supérieur de près d'un cinquième à la moyenne d'avant-crise. La facturation électronique, entrée en vigueur le 1er septembre, produit ses premiers frottements. Le projet de loi de finances pour 2027, dont le dépôt est annoncé pour le 30 septembre, ouvre une nouvelle séquence budgétaire. Prométhée, titan de la prévoyance et donneur de feu aux entrepreneurs, fait le point sur ce paysage : ce que disent les chiffres, ce qui reste incertain, et ce qu'il est raisonnable de faire avant la fin de l'année.
Défaillances d'entreprises : un plateau à un niveau élevé {#defaillances-plateau}
Les dernières données de la Banque de France portent sur juillet 2026. Sur douze mois glissants, le nombre de défaillances s'établit à 70 605, contre 70 816 (chiffre révisé) le mois précédent. Le mouvement est donc à peine baissier, et surtout très proche d'un plateau. Sur un an, la hausse ressort à +4,6 %, et le niveau reste supérieur d'environ 19 % à la moyenne observée entre 2010 et 2019. La Banque de France rattache cette situation à des conditions économiques dégradées par des chocs successifs et une incertitude durable.
La photographie sectorielle est contrastée :
Hébergement-restauration : 9 721 défaillances sur douze mois, soit +7,4 %.
Services spécialisés aux entreprises : 9 061 défaillances, soit +9,2 %, la progression la plus marquée parmi les grands secteurs cités.
Commerce et réparation automobile : 14 073 défaillances, soit +2,8 %.
Transports et entreposage : 3 235 défaillances, soit +3,7 %.
Construction : 14 351 défaillances, soit -2,4 %, seul grand secteur en recul.
La taille des entreprises concernées compte tout autant. Les microentreprises représentent l'immense majorité des cas, avec 64 937 défaillances sur douze mois. Les grandes entreprises et ETI sont, en volume, très peu touchées (61 cas), même si leur nombre progresse de 8,9 % sur un an. Le sujet est donc avant tout celui des très petites structures, souvent peu capitalisées et très exposées au moindre retard d'encaissement.
L'Observatoire économique du groupe BPCE publie de son côté une projection à 71 000 défaillances sur l'ensemble de 2026, contre 69 000 dans sa prévision initiale, soit environ +2 %. Il estime à 286 000 le nombre d'emplois menacés sur douze mois. Les secteurs jugés les plus fragilisés sont l'immobilier, le commerce et le transport routier de marchandises. Il s'agit de projections d'un établissement bancaire, pas de données constatées, et il convient de les lire comme un ordre de grandeur.
À retenir : le nombre de défaillances ne s'aggrave plus nettement chaque mois, mais il ne redescend pas non plus. Pour un dirigeant, cela signifie que le risque client, celui de voir un débiteur défaillir et de perdre sa créance, reste un risque de gestion courante et pas un événement exceptionnel.
Pour comprendre les mécanismes de ces fragilités, notre guide pour lire et analyser les états financiers d'une entreprise donne les clés pour repérer, chez un client ou un fournisseur, les signaux d'alerte avant qu'ils ne se transforment en impayé.
Créations d'entreprises : l'élan entrepreneurial ne faiblit pas {#creations-elan}
Le contraste avec les défaillances est saisissant. Selon l'Insee, les créations d'entreprises progressent d'environ 11 % sur un an en août 2026, pour un cumul de 1,25 million sur les douze derniers mois. Les microentreprises tirent l'ensemble : +14 % à 0,84 million. Les sociétés progressent de 7 % à 0,31 million, et les entreprises individuelles de 4 % à 0,11 million. La Banque de France, dans sa note sur les défaillances, relève elle aussi une hausse des créations d'environ 10,8 % sur un an.
Cette vitalité doit être lue avec nuance. Le régime de la microentreprise séduit parce qu'il est simple, peu coûteux à lancer et compatible avec une activité complémentaire. Mais une part importante de ces structures restera de très petite taille, et c'est précisément dans cette population que se concentrent les défaillances. Pour un futur créateur, le choix du cadre juridique n'a rien d'anodin : notre comparatif auto-entrepreneur, SASU, EURL ou SAS détaille les critères de protection du patrimoine personnel, de rémunération et de fiscalité à examiner avant de se lancer.
Facturation électronique : un premier mois sous tension {#facturation-premier-mois}
Le calendrier de la réforme est désormais connu, et il est asymétrique :
1. Depuis le 1er septembre 2026 : toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques, et les grandes entreprises ainsi que les ETI doivent aussi les émettre. 2. À compter du 1er septembre 2027 : les PME et microentreprises devront à leur tour émettre leurs factures sous forme électronique.
Trois semaines après le démarrage, les témoignages de terrain font état de frictions. Selon un article de L'Énergeek du 21 septembre, des rejets de factures surviennent systématiquement pour des codes manquants ou des mentions erronées, par exemple un numéro SIREN incorrect. Certains clients n'acceptent plus les factures envoyées par e-mail et exigent un dépôt via une plateforme agréée. Des erreurs de paramétrage peuvent aussi provoquer des rejets sans que le destinataire en soit informé, ce qui retarde le paiement sans que personne ne s'en aperçoive immédiatement.
L'enjeu économique est réel. La réforme est présentée comme un levier pour libérer de l'ordre de 15 milliards d'euros de trésorerie par an en réduisant les retards de paiement. En 2024, le délai moyen de paiement interentreprises était de 51 jours, dont 13,6 jours de retard effectif. Thierry Millon, d'Altares, cité dans cet article, estime que les difficultés actuelles relèvent « plus d'un apprentissage que d'une dégradation durable des comportements ». L'expérience étrangère invite à la prudence : en Italie, où le dispositif est en place depuis 2019, les retards de paiement ont persisté malgré une meilleure visibilité fiscale, alors que la Belgique a enregistré des résultats plus positifs sur la fiabilité des flux.
Pour le détail du calendrier et des plateformes, reportez-vous à notre guide complet de la facturation électronique obligatoire, ainsi qu'à notre analyse de la rentrée entrepreneuriale 2026 (ACRE, facturation électronique, PLF 2027).
Trésorerie et crédit : ce que disent les chiffres de la rentrée {#tresorerie-credit}
Le contexte macroéconomique pèse sur les entreprises. D'après l'analyse de l'Observatoire BPCE de septembre 2026, la croissance du PIB français ressort à environ 0,5 % sur un an, soit la moitié de celle de la zone euro, de l'Allemagne ou de l'Italie, et la prévision pour 2026 a été ramenée à 0,4 %, contre un consensus initial de 1,0 %.
Côté financement, les flux nets de crédit aux entreprises atteignent 35 milliards d'euros sur les sept premiers mois de 2026, contre 21 milliards à la même période de 2025. Cette hausse est portée par les crédits de trésorerie, ce qui n'est pas forcément un bon signal : les entreprises empruntent davantage pour financer leur besoin en fonds de roulement que pour investir. Dans le même temps, les placements nets des entreprises sont négatifs à hauteur de 25 milliards d'euros, contre -17 milliards un an plus tôt, ce qui traduit un recours accru à leur trésorerie disponible. L'Observatoire anticipe par ailleurs des taux de crédit d'investissement autour de 4,0 % d'ici la fin de l'année, soit environ 50 points de base de plus qu'en juin.
Autrement dit, l'argent se renchérit au moment où les trésoreries se tendent. Notre article sur le financement des PME cet été décrivait un environnement encore favorable, avec des conditions accommodantes et des dispositifs de soutien de Bpifrance. Les prévisions actuelles suggèrent que la fenêtre de taux bas se referme progressivement, ce qui plaide pour sécuriser les financements nécessaires avant le début de l'année prochaine plutôt que d'attendre.
Pour les dirigeants qui préparent un projet de croissance, notre guide pour financer son entreprise en France passe en revue les solutions disponibles : prêt bancaire, prêt d'honneur, financement participatif, levée de fonds ou financements publics.
Bon à savoir : quand la hausse du crédit est portée par la trésorerie plutôt que par l'investissement, c'est le signe que les délais de paiement et les stocks absorbent du cash. Avant de demander un nouveau prêt, mesurez votre besoin en fonds de roulement et vos délais clients : une meilleure gestion du poste clients peut coûter moins cher qu'un crédit de trésorerie.
PLF 2027 : ce qui attend les entreprises {#plf-2027-entreprises}
Le projet de loi de finances pour 2027 doit être déposé à l'Assemblée nationale le 30 septembre. Au moment où nous écrivons, le texte n'est pas encore public dans son intégralité, et il faut donc distinguer ce qui est annoncé de ce qui reste à confirmer. D'après le calendrier relayé par des sources spécialisées, l'examen de la première partie en séance à l'Assemblée est attendu à partir de la mi-octobre, avec un premier vote vers le 20 octobre, un vote solennel sur l'ensemble du texte autour du 17 novembre, et l'échéance constitutionnelle de 70 jours autour du 9 décembre.
Sur le fond, plusieurs points se dégagent des informations disponibles :
Surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises : sa reconduction est évoquée. Le dispositif concerne environ 300 groupes réalisant plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires, avec des taux majorés de 20,6 % et 41,2 %, et aurait rapporté 7,3 milliards d'euros en 2026. Les PME ne sont pas concernées.
Pas de hausse générale d'impôts annoncée pour les entreprises.
Volet social : des changements sont évoqués sur les indemnités journalières d'accident du travail (plafonnement à 1,8 SMIC et imposition intégrale), ainsi qu'une réforme possible de la cotisation accidents du travail, calculée à l'échelle de l'entreprise plutôt que de l'établissement.
CVAE : contrairement à ce que prévoyaient certains textes antérieurs, aucune accélération de sa suppression n'est annoncée à ce stade dans les informations consultées.
Le gouvernement présente ce budget comme largement réversible, conçu pour le premier semestre afin de laisser à l'exécutif issu de l'élection présidentielle la possibilité de le réviser. C'est un élément d'incertitude à intégrer dans les décisions d'investissement : les règles de 2027 pourraient être modifiées en cours d'année.
Transmission : 370 000 entreprises à reprendre d'ici 2030 {#transmission-entreprises}
Un chiffre de l'Observatoire BPCE mérite d'être souligné : environ 370 000 entreprises pourraient être cédées entre 2026 et 2030, alors que les transmissions effectives 2025-2026 se situent autour de 37 000 par an, soit environ la moitié du potentiel. Le vieillissement des dirigeants de PME et d'ETI accentue le phénomène : la part des dirigeants seniors est passée de 17,4 % en 2010 à 27,6 % en 2025.
Pour un salarié cadre, un repreneur individuel ou un investisseur, c'est une opportunité de devenir entrepreneur sans partir de zéro, à condition de savoir évaluer une cible. Pour un cédant, c'est un rappel : préparer une cession prend plusieurs années, et une entreprise dont les comptes sont lisibles et la dépendance au dirigeant réduite se vend mieux. Le contexte de crédit plus cher rend cependant les montages de reprise plus exigeants en apport et en garanties.
6 stratégies pour les dirigeants d'ici la fin d'année {#six-strategies}
1. Auditer la réception des factures électroniques. Testez avec vos trois principaux clients et fournisseurs, vérifiez vos coordonnées de facturation et suivez les rejets chaque semaine. 2. Préparer l'émission de 2027. Si vous êtes une PME ou une microentreprise, choisissez votre plateforme agréée dès cet automne : vous éviterez la ruée de l'été 2027 et vous pourrez tester à blanc. 3. Renforcer le suivi du risque client. Avec des défaillances durablement élevées, surveillez les encours par client, relancez dès le premier jour de retard et envisagez une assurance-crédit pour les plus gros comptes. 4. Sécuriser le financement avant 2027. Si un besoin d'investissement ou de trésorerie est prévisible, comparez les offres bancaires et les dispositifs publics maintenant, plutôt qu'après une éventuelle remontée des taux. 5. Suivre le PLF 2027 sans réagir à chaud. Identifiez les mesures qui touchent votre situation (charges sociales, régime fiscal, amortissements) et attendez le vote avant de décider d'un changement de statut. 6. Explorer la reprise d'entreprise. Si vous cherchez un projet entrepreneurial, l'offre de cessions est abondante. Faites-vous accompagner pour la valorisation, l'audit et le montage financier.
Pour les entreprises qui cherchent des gains de productivité afin de compenser un environnement tendu, notre article sur l'IA générative et les PME présente des cas d'usage concrets. Et pour celles qui exportent, notre analyse des droits de douane américains et de leurs effets sur les PME françaises rappelle l'importance de diversifier ses marchés.
Calendrier à surveiller {#calendrier}
30 septembre 2026 : dépôt annoncé du PLF 2027.
Mi-octobre 2026 : début de l'examen de la première partie à l'Assemblée nationale.
Autour du 20 octobre : premier vote sur la première partie.
Autour du 17 novembre : vote sur l'ensemble du texte à l'Assemblée.
Autour du 9 décembre : fin du délai constitutionnel de 70 jours.
Mensuel : publication des défaillances par la Banque de France et des créations par l'Insee.
1er septembre 2027 : obligation d'émission de factures électroniques pour les PME et microentreprises.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique, fiscal ou financier personnalisé. Les chiffres cités proviennent de la Banque de France, de l'Insee, de l'Observatoire BPCE et de la presse spécialisée, à la date de rédaction.



