PER Individuel 2026 : Performances du 1er Trimestre, Frais et Comment Choisir le Meilleur Contrat pour Préparer sa Retraite
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PER Individuel 2026 : Performances du 1er Trimestre, Frais et Comment Choisir le Meilleur Contrat pour Préparer sa Retraite

Jean Dupont

Publié le 18 mai 2026

Le premier trimestre 2026 a été marqué par une volatilité boursière exceptionnelle : le choc tarifaire Trump de début avril, le rebond des marchés européens, les décisions de la BCE sur les taux d'intérêt. Dans ce contexte agité, comment ont performé les Plans Épargne Retraite (PER) individuels ? Faut-il s'inquiéter pour son épargne retraite, ou au contraire saisir des opportunités ? Ce bilan complet vous donne les clés pour analyser votre contrat, comprendre les performances réelles et, si nécessaire, en changer.

Sommaire

Le PER Individuel : Rappel des fondamentaux {#fondamentaux}

Créé par la loi PACTE en 2019, le Plan Épargne Retraite individuel (PERin) a remplacé les anciens contrats PERP et Madelin. En 2026, il s'est imposé comme le produit d'épargne retraite de référence pour les salariés, indépendants et fonctionnaires qui souhaitent préparer leur retraite tout en bénéficiant d'une fiscalité avantageuse.

Son principe : vous versez librement des sommes qui sont déductibles de votre revenu imposable (dans la limite du plafond de déduction), et récupérez votre épargne à la retraite, soit sous forme de rente viagère, soit en capital (ou une combinaison des deux).

Le plafond de déduction 2026 s'élève à 10 % des revenus professionnels de l'année N-1, dans la limite de 8 fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), soit un maximum de 37 094 € pour 2026. Les personnes n'ayant pas utilisé tout leur plafond lors des trois années précédentes peuvent rattraper ce manque à gagner.

Le PER est bloqué jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé : acquisition de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits au chômage, liquidation judiciaire. Avant de souscrire, assurez-vous de pouvoir immobiliser ces fonds sur le long terme.

Bilan Q1 2026 : Comment les PER ont résisté aux turbulences {#bilan-q1}

Le premier trimestre 2026 a mis les épargnants à rude épreuve. Le choc tarifaire Trump (annonce de droits de douane massifs début avril 2026) a provoqué une correction sévère sur les marchés américains, tandis que les valeurs européennes ont mieux résisté grâce à la politique accommodante de la BCE et aux plans de relance budgétaire européens.

Performances par type de gestion

Gestion pilotée à horizon (recommandée pour la majorité des épargnants)

La gestion pilotée, proposée par défaut sur la plupart des PER, adapte automatiquement l'allocation selon votre horizon de retraite. Les profils éloignés de la retraite (>15 ans) sont davantage exposés aux actions, tandis que les profils proches sécurisent progressivement.

ProfilAllocation ciblePerformance Q1 2026
Dynamique (>15 ans retraite)80-100 % actions-3 % à +2 %
Équilibré (5-15 ans)50-70 % actions-1,5 % à +1 %
Prudent (<5 ans)20-40 % actions-0,5 % à +0,5 %
SécuritaireFonds euros dominant+0,3 % à +0,6 %

Les performances varient fortement selon les acteurs : les PER investissant sur des ETF européens et émergents ont mieux traversé la tempête que ceux surexposés aux actions américaines. Les contrats investis majoritairement en ETF S&P 500 ont subi de plein fouet la correction américaine liée aux tarifs douaniers.

Gestion libre

Pour les épargnants qui gèrent eux-mêmes leur allocation, les résultats dépendent évidemment des choix effectués. Les stratégies de diversification internationale (ETF monde, paniers obligataires court terme) ont globalement mieux performé que les stratégies 100 % actions américaines.

Les leçons du Q1 2026 : La crise Trump a rappelé deux vérités fondamentales pour les épargnants retraite. Premièrement, la diversification géographique protège. Deuxièmement, l'horizon long terme du PER est un avantage : une baisse de 5 % aujourd'hui pour quelqu'un à 20 ans de la retraite n'a aucune importance si les marchés rebondissent (comme ils l'ont fait en avril-mai 2026). Ne cédez pas à la panique et ne modifiez pas votre allocation sous le coup de l'émotion.

Le fonds euros : toujours pertinent ?

Le fonds euros, placement sécurisé garanti en capital, a servi entre 2,5 % et 3,8 % nets de frais de gestion sur 2025, selon les contrats. En 2026, dans un contexte de légère remontée des taux souverains européens, les projections pour 2026 oscillent entre 2,8 % et 4 % selon les assureurs.

Le fonds euros reste pertinent pour :

Les épargnants à moins de 5 ans de la retraite

La partie sécurisée d'une allocation équilibrée

Ceux qui ne supportent pas la volatilité

Mais pour un horizon de 15 à 20 ans, rester 100 % en fonds euros est clairement sous-optimal : l'inflation érode le pouvoir d'achat, et vous ratez la prime de risque des marchés actions sur le long terme.

Les frais : le vrai tueur de rendement {#frais}

Un écart de 1 % de frais annuels sur 20 ans réduit votre capital final de près de 20 %. C'est la réalité mathématique des intérêts composés appliquée à l'envers. Pourtant, beaucoup d'épargnants ignorent encore le vrai coût de leur PER.

Les différents types de frais

Frais sur versements : prélevés à chaque versement. Les bons contrats sont à 0 %. Méfiez-vous des contrats bancaires traditionnels qui prélèvent encore 2 à 4 %.

Frais de gestion du contrat : prélevés annuellement sur l'encours. Entre 0,5 % et 1 % sur les meilleurs contrats, jusqu'à 1,5 % sur les moins compétitifs.

Frais des supports : prélevés par les fonds sous-jacents (OPCVM, ETF). Les ETF indiciels sont à 0,1-0,25 %, les fonds actifs à 0,8-2 %.

Frais d'arbitrage : prélevés lorsque vous changez d'allocation. Les meilleurs contrats offrent des arbitrages gratuits et illimités.

Frais de transfert : si vous souhaitez transférer votre PER vers un autre assureur (possible sans perte d'antériorité fiscale après 5 ans). Légalement plafonnés à 1 % si le contrat a moins de 10 ans, gratuits au-delà.

Simulateur de frais : Si votre PER prélève 2 % de frais sur versements + 1 % de frais de gestion + 1 % de frais de fonds, votre coût total annualisé sur 20 ans peut atteindre 2,5 %. Sur un investissement de 200 € par mois pendant 20 ans, cela représente environ 25 000 € perdus en frais par rapport à un PER à faibles coûts. La différence est considérable.

Comparatif des meilleurs PER en 2026 {#comparatif}

Sans ordre de préférence et sans recommandation d'achat, voici les caractéristiques des PER qui se distinguent en 2026 pour leurs faibles frais et leur qualité de gestion :

PER en ligne (courtiers et assureurs directs)

Linxea Spirit PER (Suravenir) : 0 % sur versements, 0,5 % de frais de gestion contrat, accès à des ETF à faibles coûts. L'un des contrats les plus compétitifs du marché, adapté aux investisseurs qui souhaitent gérer eux-mêmes.

Lucya Cardif PER (BNP Paribas Cardif) : 0 % sur versements, 0,6 % de frais de gestion, gestion pilotée de qualité. Un équilibre entre performance et simplicité.

Nalo Retraite : 100 % ETF, gestion pilotée optimisée, frais totaux autour de 1,6 % tout compris. Adapté aux épargnants qui veulent déléguer sans complexité.

Goodvest PER : spécialité ISR/ESG, ETF durables, frais compétitifs. Pour les épargnants souhaitant allier retraite et impact positif — à rapprocher de notre article sur la finance durable.

PER bancaires (à surveiller)

Les PER proposés par les banques traditionnelles (Crédit Agricole, Société Générale, BNP...) sont souvent plus chers (frais sur versements de 2-4 %, fonds actifs à 1,5-2 %). Ils peuvent convenir si vous êtes accompagné par un conseiller de qualité, mais scrutez les frais avant de signer.

PER assurantiels indépendants

Les PER distribués par les CGPI (Conseillers en Gestion de Patrimoine Indépendants) offrent souvent un bon rapport qualité/frais avec un accompagnement personnalisé. Les frais sur versements sont négociables.

À retenir : La règle des 3 "non" pour un bon PER — Non aux frais sur versements supérieurs à 0 %, Non aux frais de gestion contrat supérieurs à 0,7 %, Non aux fonds actifs quand des ETF équivalents existent à 0,2 %.

Comment choisir son PER selon son profil {#choisir}

Le choix d'un PER dépend de plusieurs facteurs :

Votre tranche marginale d'imposition (TMI)

Le PER est d'autant plus intéressant que votre TMI est élevée. Si vous êtes imposé à 41 % ou 45 %, chaque euro versé vous coûte réellement 59 ou 55 centimes après déduction fiscale. C'est un avantage fiscal considérable.

À l'inverse, pour les contribuables non imposables ou à 11 %, la déductibilité est moins attractive. Dans ce cas, il peut être préférable de prioriser l'assurance-vie, plus flexible.

Votre horizon de retraite

Plus de 15 ans : optez pour une allocation dynamique (70-100 % actions, ETF diversifiés). La volatilité à court terme n'est pas votre ennemi — c'est votre alliée sur le long terme. Consultez notre guide sur les intérêts composés pour comprendre pourquoi.

5-15 ans : gestion pilotée équilibrée recommandée, ou gestion libre avec une poche sécurisée croissante.

Moins de 5 ans : sécurisation progressive indispensable. Évitez tout choc de marché à l'approche du déblocage.

Salarié ou TNS ?

Pour les travailleurs non-salariés (artisans, commerçants, professions libérales), le PER offre des plafonds de déduction encore plus généreux : jusqu'à 85 780 € pour 2026 en combinant les plafonds salariaux et TNS. C'est l'un des meilleurs outils d'optimisation fiscale disponibles. Voir notre article sur les statuts d'entrepreneur : auto-entrepreneur, SASU, EURL.

Votre niveau de revenus à la retraite

Réfléchissez à votre taux d'imposition prévisible à la retraite. Si vous anticipez une forte baisse de revenus, le PER sera fiscalement très avantageux (vous déduisez à 41 % maintenant, vous serez imposé à 11 % à la retraite). Si au contraire vos revenus à la retraite seront élevés (cumul PER + pension), l'avantage se réduit.

Stratégies d'allocation selon l'âge {#allocation}

Moins de 40 ans : l'âge de la croissance

À ce stade, vous avez 20 à 25 ans devant vous. Le temps est votre meilleur allié.

Allocation recommandée :

80-100 % actions mondiales (ETF MSCI World, ETF Marchés Émergents)

0-20 % obligations ou fonds euros (pour les profils moins à l'aise avec la volatilité)

Les krachs comme celui de 2020 ou la correction de 2026 sont des opportunités d'achat, pas des catastrophes. Une stratégie de versements réguliers (DCA) permet de lisser le prix d'achat dans le temps — voir notre comparatif DCA vs Lump Sum.

40-55 ans : l'âge de la consolidation

Vous êtes à 10-25 ans de la retraite. Conservez une exposition actions significative, mais commencez à introduire des actifs plus défensifs.

Allocation recommandée :

60-80 % actions (ETF diversifiés)

20-40 % obligations, SCPI ou fonds euros

C'est aussi le bon moment pour calculer précisément votre future pension avec notre guide : Calculer sa Retraite : Trimestres, Taux Plein et AGIRC-ARRCO.

55-60 ans : l'âge de la sécurisation

À 5-10 ans de la retraite, la préservation du capital devient prioritaire.

Allocation recommandée :

40-60 % actions

40-60 % fonds euros, obligations courte durée

Activez si ce n'est pas déjà le cas la désensibilisation progressive automatique proposée par votre contrat.

À l'approche de la retraite (60-65 ans)

Allocation recommandée :

20-30 % actions maximum

70-80 % fonds euros ou actifs sécurisés

Évitez à tout prix de débloquer votre PER en période de baisse de marchés. Si possible, différez de 1 à 2 ans si les marchés sont temporairement bas.

PER et Assurance-Vie : complémentarité {#complementarite}

PER et assurance-vie ne sont pas concurrents — ils sont complémentaires.

L'assurance-vie offre :

Une disponibilité permanente des fonds

Une fiscalité avantageuse après 8 ans

Une transmission hors succession (jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire)

Le PER offre :

Une déductibilité des versements à l'entrée

Une contrainte de blocage (avantage fiscal en échange)

Plus de souplesse à la sortie (rente ou capital)

La stratégie optimale : combiner les deux. Versez dans le PER pour les sommes que vous n'aurez pas besoin avant la retraite (et que vous pouvez déduire fiscalement), et maintenez une épargne de précaution et de moyen terme sur l'assurance-vie.

Pour approfondir la fiscalité de l'assurance-vie, consultez notre guide : Fiscalité de l'Assurance-Vie : Rachats, Abattements et Optimisations.

Et pour l'épargne salariale (PEE, PERECO), qui complète également le PER individuel, lisez notre article dédié : L'Épargne Salariale : Guide Complet du PEE, PERECO et Intéressement.

Questions Frequentes

Conclusion

Le premier trimestre 2026 a été un test grandeur nature pour les épargnants retraite. Les PER investis sur des ETF diversifiés ont globalement bien résisté, tandis que ceux surexposés aux marchés américains ont plus souffert. La leçon : diversification et horizon long terme restent les deux piliers d'une stratégie retraite solide.

Si vous n'avez pas encore de PER, 2026 est le bon moment pour en ouvrir un, notamment si vous êtes en tranche à 30 % ou plus. Si vous avez un PER bancaire avec des frais élevés, comparez sérieusement les alternatives en ligne — un transfert peut vous faire économiser des milliers d'euros sur le long terme.

Enfin, ne gérez jamais votre PER seul si vous n'êtes pas à l'aise : consultez un CGPI indépendant (rémunéré en honoraires, pas en commissions) pour une allocation adaptée à votre situation personnelle.

Cet article est fourni à titre informatif et éducatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.



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