Pourquoi bien épargner en 2026 ?
L'année 2026 marque un tournant pour l'épargne des Français. Après plusieurs années d'inflation soutenue (5,2 % en 2022, 4,9 % en 2023), les prix se sont progressivement stabilisés, mais le pouvoir d'achat de l'épargne mal placée a été durablement érodé. Un épargnant qui a laissé 20 000 € sur un compte courant non rémunéré entre 2021 et 2026 a perdu environ 2 800 € de pouvoir d'achat réel. L'argent qui dort perd de la valeur.
Parallèlement, les taux des livrets réglementés ont entamé leur descente : le Livret A est passé de 3 % à 1,5 % au 1er février 2025. Les taux directeurs de la BCE suivent la même trajectoire baissière, ce qui impacte mécaniquement les rendements de l'épargne réglementée. Dans ce contexte, il est plus important que jamais de structurer intelligemment son épargne pour chaque horizon de temps.
La hiérarchie de l'épargne : trois étages indispensables
Bien épargner, c'est avant tout respecter une hiérarchie logique entre trois types d'épargne, chacun répondant à un besoin différent :
- Épargne de précaution — 3 à 6 mois de dépenses sur des supports liquides et sans risque (Livret A, LDDS, LEP). C'est votre filet de sécurité en cas d'imprévu : perte d'emploi, réparation urgente, problème de santé. Cette épargne ne doit jamais être investie en bourse ou immobilisée.
- Épargne projet — pour vos objectifs à 2-8 ans (achat immobilier, voyage, voiture, études des enfants). L'assurance-vie en fonds euros, le PEL ou les livrets bancaires boostés sont adaptés à cet horizon.
- Épargne investissement — pour le long terme (8+ ans), vous pouvez prendre plus de risques pour viser des rendements supérieurs. Le PEA, l'assurance-vie en unités de compte, les SCPI et l'investissement en bourse sont les supports privilégiés de cette tranche.
La clé est de remplir ces étages dans l'ordre : pas de bourse sans matelas de sécurité, pas d'investissement immobilier sans épargne projet. Cette discipline est la base de toute gestion patrimoniale saine.
Livret A, LDDS, LEP : l'épargne de précaution
Les livrets réglementés sont la pierre angulaire de l'épargne française. Garantis par l'État, totalement exonérés d'impôts et de prélèvements sociaux, ils offrent une liquidité totale : votre argent est disponible à tout moment. C'est le placement idéal — et obligatoire — pour votre épargne de précaution.
Le Livret A : le placement universel
Le Livret A est le produit d'épargne le plus détenu en France, avec plus de 56 millions de livrets ouverts et un encours total dépassant 420 milliards d'euros. Son taux est fixé à 1,5 % net depuis le 1er février 2025, après avoir atteint 3 % en 2023-2024. Le plafond de versement est de 22 950 € (hors intérêts capitalisés).
Les intérêts sont calculés par quinzaine et capitalisés au 31 décembre. Pour optimiser vos gains, effectuez vos versements en début de quinzaine (le 1er ou le 16 du mois) et vos retraits en fin de quinzaine (le 15 ou le dernier jour du mois).
Le LDDS : le jumeau du Livret A
Le Livret de Développement Durable et Solidaire fonctionne exactement comme le Livret A : même taux (1,5 %), même exonération fiscale, même liquidité. Sa seule différence est son plafond, plus modeste : 12 000 €. L'encours est orienté vers le financement de la transition écologique et de l'économie sociale et solidaire.
Notre conseil : remplissez votre Livret A en priorité, puis basculez sur le LDDS. Ensemble, ils offrent un espace d'épargne de précaution de 34 950 € par personne, soit près de 70 000 € pour un couple — largement suffisant pour couvrir 6 mois de dépenses dans la plupart des foyers.
Le LEP : le meilleur livret (si vous êtes éligible)
Le Livret d'Épargne Populaire est le champion incontesté des livrets réglementés. Son taux est de 4 % net en 2026, soit plus du double du Livret A. Avec un plafond de 10 000 €, il génère 400 € d'intérêts nets par an — contre 344 € pour un Livret A plein. Le hic : il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un certain seuil (environ 22 000 € pour une personne seule en 2026).
Vérifiez votre éligibilité auprès de votre banque. Si vous y avez droit, le LEP doit être votre premier livret à remplir, avant même le Livret A.
| Livret | Taux 2026 | Plafond | Fiscalité | Conditions |
|---|---|---|---|---|
| LEP | 4,0 % | 10 000 € | Exonéré | Revenus modestes |
| Livret A | 1,5 % | 22 950 € | Exonéré | Aucune |
| LDDS | 1,5 % | 12 000 € | Exonéré | Aucune |
| Livret Jeune | ≥ 1,5 % | 1 600 € | Exonéré | 12-25 ans |
| Livret bancaire | 0,5-3 %* | Variable | PFU 30 % | Aucune |
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L'assurance-vie : l'enveloppe préférée des Français
Avec plus de 1 900 milliards d'euros d'encours, l'assurance-vie est le placement préféré des Français, loin devant le Livret A. Et pour cause : elle combine flexibilité, fiscalité avantageuse et possibilités de transmission patrimoniale. Contrairement à ce que son nom suggère, l'assurance-vie n'est pas uniquement un produit d'assurance : c'est avant tout une enveloppe fiscale dans laquelle vous logez vos investissements.
Les fonds euros : sécurité et rendement garanti
Le fonds euros est le compartiment sécurisé de l'assurance-vie. Votre capital est garanti par l'assureur (brut de frais de gestion), et les intérêts sont définitivement acquis chaque année grâce à l'effet cliquet. En 2026, les meilleurs fonds euros affichent des rendements de 2 % à 3,5 %, selon les contrats et les assureurs.
Les fonds euros investissent principalement en obligations d'État et d'entreprise. Leur rendement suit donc les taux d'intérêt : après des années à moins de 1,5 %, la remontée des taux entre 2022 et 2024 a permis de reconstituer les rendements. Toutefois, avec la baisse progressive des taux directeurs, les rendements pourraient se stabiliser ou reculer légèrement dans les années à venir.
Les unités de compte : dynamiser son contrat
Les unités de compte (UC) sont des supports d'investissement non garantis en capital : actions, obligations, immobilier (SCPI, OPCI), fonds thématiques (IA, santé, transition énergétique). Elles permettent de viser des rendements supérieurs aux fonds euros, mais avec un risque de perte en capital.
La plupart des assureurs proposent plusieurs centaines d'unités de compte dans leurs contrats multisupports. Vous pouvez ainsi construire une allocation diversifiée : 60 % fonds euros pour la sécurité, 40 % UC pour la performance, par exemple. Les profils plus dynamiques iront jusqu'à 80 % d'UC.
Fiscalité avantageuse après 8 ans
C'est le principal atout de l'assurance-vie. Après 8 ans de détention, les gains retirés bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule (9 200 € pour un couple). Au-delà de cet abattement, les gains sont taxés à 24,7 % (7,5 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux) pour les versements inférieurs à 150 000 €.
Avant 8 ans, les gains sont soumis au PFU de 30 %, comme un compte-titres classique. C'est pourquoi il est recommandé d'ouvrir son assurance-vie le plus tôt possible pour faire courir le délai de 8 ans, même avec un versement initial modeste.
Succession : l'atout maître
Les sommes versées sur une assurance-vie avant les 70 ans de l'assuré bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, hors droits de succession classiques. Un couple avec deux enfants peut ainsi transmettre jusqu'à 610 000 € en franchise totale de droits via l'assurance-vie. C'est un outil de planification successorale incontournable.
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Les Récoltes de Déméter
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PEL, CEL et épargne logement
L'épargne logement regroupe deux produits historiques destinés à financer un achat immobilier : le Plan d'Épargne Logement (PEL) et le Compte Épargne Logement (CEL). Si leur attractivité a fluctué au fil des décennies, ils conservent un intérêt dans certaines configurations patrimoniales.
Le PEL : épargne bloquée pour un projet immobilier
Le PEL est un produit d'épargne à taux fixe, déterminé à l'ouverture et garanti pendant toute la durée du plan. Les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2024 offrent un taux de 2,25 % brut, soit environ 1,575 % net après application du PFU de 30 %. Le plafond de versement est de 61 200 €.
Le PEL nécessite des versements réguliers (minimum 540 € par an) et est bloqué pendant au moins 4 ans. Tout retrait avant 4 ans entraîne la clôture du plan et la perte des avantages associés. Après 4 ans, le PEL peut être conservé jusqu'à 10 ans (il continue de produire des intérêts) puis entre en phase de survie pendant 5 ans supplémentaires sans nouveaux versements.
L'avantage principal du PEL est le droit au prêt immobilier à taux préférentiel qu'il génère. Cependant, ce taux (actuellement autour de 3,45 % pour les PEL récents) n'est pas toujours compétitif face aux taux du marché. Le PEL reste intéressant pour se constituer un apport dans un cadre discipliné.
Le CEL : flexibilité mais rendement limité
Le Compte Épargne Logement offre plus de souplesse que le PEL : les retraits sont possibles à tout moment et il n'y a pas d'obligation de versements réguliers. En contrepartie, son taux est plus faible : 1,5 % brut (soit environ 1,05 % net après PFU). Le plafond est de 15 300 €.
Le CEL donne également droit à un prêt immobilier, mais d'un montant modeste (maximum 23 000 €). Son intérêt est limité en 2026 : un Livret A offre le même taux sans fiscalité et avec un plafond supérieur. Le CEL n'est vraiment utile qu'en complément d'un PEL pour cumuler les droits à prêt.
| Produit | Taux brut | Taux net* | Plafond | Durée min. | Liquidité |
|---|---|---|---|---|---|
| PEL (2024+) | 2,25 % | 1,575 % | 61 200 € | 4 ans | Bloqué |
| CEL | 1,5 % | 1,05 % | 15 300 € | 18 mois | Libre |
| Livret A (comparaison) | 1,5 % net | 22 950 € | Aucune | Libre | |
Notre recommandation : le PEL n'est pertinent que si vous avez un projet immobilier concret à 4-10 ans et souhaitez vous constituer un apport de manière disciplinée. Pour de l'épargne de précaution ou générale, le Livret A et l'assurance-vie sont plus adaptés.
Stratégie d'épargne optimale
La règle 50/30/20 : un cadre simple et efficace
Popularisée par la sénatrice américaine Elizabeth Warren, la règle 50/30/20 est un cadre budgétaire simple pour structurer ses finances :
- 50 % de vos revenus nets pour les besoins essentiels : loyer, alimentation, transports, assurances, énergie
- 30 % pour les envies : loisirs, voyages, restaurants, shopping, abonnements
- 20 % pour l'épargne et le remboursement de dettes : livrets, assurance-vie, investissements, crédit immobilier
Avec un salaire net de 2 500 € par mois, cela signifie 500 € par mois pour l'épargne. Sur 10 ans à un rendement moyen de 3 % (mix livrets + assurance-vie), cela représente environ 70 000 €. Si vous pouvez épargner 25 % ou 30 %, les résultats sont encore plus impressionnants.
La pyramide de l'épargne
La pyramide de l'épargne illustre l'ordre dans lequel construire votre patrimoine, de la base (sécurité maximale) vers le sommet (rendement maximal avec risque) :
- Base — Épargne de précaution (0-6 mois) : Remplissez d'abord votre LEP (si éligible), puis votre Livret A et LDDS. Objectif : 3 à 6 mois de dépenses. Rendement attendu : 1,5 à 4 %.
- Niveau 2 — Épargne sécurisée (1-5 ans) : Ouvrez une assurance-vie en fonds euros pour vos projets moyen terme. PEL si projet immobilier. Rendement attendu : 2 à 3,5 %.
- Niveau 3 — Investissement diversifié (5-15 ans) : Ouvrez un PEA pour investir en ETF. Assurance-vie en unités de compte. SCPI via assurance-vie. Rendement attendu : 5 à 8 %.
- Sommet — Investissement dynamique (15+ ans) : Actions individuelles, investissement boursier actif, private equity, cryptomonnaies (petite allocation). Rendement attendu : 8 à 12 % (avec risque proportionnel).
Allocation par objectif : exemples concrets
Voici des allocations types selon votre situation :
- Jeune actif (25-30 ans, pas de projet immobilier) : 6 mois de dépenses sur Livret A/LDDS, puis 70 % en PEA (ETF MSCI World), 30 % en assurance-vie UC. L'horizon long permet de maximiser l'exposition aux marchés.
- Famille avec projet immobilier à 3 ans : épargne de précaution + apport sur fonds euros assurance-vie et PEL. Pas de bourse sur l'argent destiné à l'achat.
- 50 ans, préparation retraite : épargne de précaution + 50 % fonds euros, 30 % PEA (ETF équilibrés), 20 % SCPI en assurance-vie. Rééquilibrage progressif vers la sécurité à l'approche de la retraite.
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1,5%
Taux Livret A 2026
22 950 €
Plafond Livret A
100 000 €
Garantie des dépôts
8 ans
Fiscalité optimale AV
Fiscalité de l'épargne en 2026
La fiscalité est un paramètre déterminant dans le choix de vos placements. Un rendement brut attractif peut se révéler décevant après impôts. Voici les règles à connaître en 2026 pour optimiser vos rendements nets.
Les livrets réglementés : exonération totale
Le Livret A, le LDDS, le LEP et le Livret Jeune sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. C'est leur principal avantage : le taux affiché est le taux réellement perçu. Un Livret A à 1,5 % rapporte véritablement 1,5 % net. C'est rare dans le monde de l'épargne.
Le PFU (flat tax) de 30 % : le régime par défaut
Pour les placements non réglementés (livrets bancaires, comptes à terme, PEL ouvert depuis 2018, CTO), les intérêts et plus-values sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique de 30 %, composé de 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.
Concrètement, un livret bancaire à 3 % brut ne rapporte que 2,1 % net après PFU. C'est à peine plus qu'un Livret A à 1,5 % net, avec un risque de taux promotionnel temporaire. Méfiez-vous des offres « super livrets » qui affichent des taux élevés pendant 2 à 4 mois avant de retomber à 0,5 %.
L'assurance-vie : fiscalité progressive selon la durée
La fiscalité de l'assurance-vie dépend de la durée de détention du contrat :
- Avant 8 ans : PFU de 30 % sur les gains retirés (comme un CTO). Pas d'avantage fiscal particulier.
- Après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains. Au-delà, taxation à 24,7 % pour les versements inférieurs à 150 000 €, ou 30 % au-delà.
- Succession : abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. Au-delà, taxation à 20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 %.
L'option du barème progressif
Si votre tranche marginale d'imposition est inférieure à 12,8 % (revenus modestes, tranche à 0 % ou 11 %), vous pouvez opter pour le barème progressif de l'IR plutôt que le PFU. Cette option s'applique à l'ensemble de vos revenus du capital pour l'année. Faites le calcul avec votre conseiller fiscal pour déterminer l'option la plus avantageuse.
| Placement | Fiscalité | Taux net effectif* |
|---|---|---|
| Livret A / LDDS | Exonéré | 1,5 % |
| LEP | Exonéré | 4,0 % |
| Assurance-vie (8+ ans) | 24,7 % au-delà abattement | ~2,3 % (fonds euros 3 %) |
| Assurance-vie (< 8 ans) | PFU 30 % | ~2,1 % (fonds euros 3 %) |
| PEL (2024+) | PFU 30 % | 1,575 % |
| Livret bancaire | PFU 30 % | Variable (souvent < 1,5 %) |
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